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Les membres du bureau sans domicile fixe

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Depuis le début de la session parlementaire en cours, quelques sénateurs ont commencé à hausser timidement le ton pour protester contre ce qu’ils appellent «la diminution de leurs émolument » qui n’étaient d’ailleurs pas déjà « un salaire fixe», depuis leur entrée dans la Chambre haute du parlement camerounais. Mais leurs responsables avaient bien des raisons de s’indigner, deux ans après. Car, très peu de camerounais savent que le président du Sénat, le Très honorable Marcel Niat Njifenji,  continue de vivre dans un modeste studio dans son immeuble au quartier Nlongkak de la capitale politique du Cameroun.

Comme du temps où il était «simple citoyen». Depuis deux ans qu’il est devenu la deuxième personnalité du pays, il doit continuer de partager le même immeuble et l’étroit parking avec ses locataires dont il ne peut évidemment pas bousculer les habitudes. Parce que le client est roi, dit l’adage. On imagine souvent les scènes de ménages et  toutes les nuisances sonores qui accompagnent de tels logements collectifs. Les autres membres du bureau qui ont droit aux hôtels particuliers ne peuvent rien espérer, alors que le chef n’est pas encore servi. Ce que d’aucuns qualifient de « misères » des responsables du Sénat  est vieux.

Quand ils sont élus et installés en avril 2013, ils constatent avec amertume que le gouvernement de la République n’avait même pas prévu de véhicules de fonction pour eux. On doit prendre en location des véhicules dans une agence de voyage appartenant à un ministre de la République. Pendant plusieurs mois. Mais jusque-là, tous ne sont pas nantis, parce que les vices présidents et autres doivent continuer à attendre. Ce n’est pas la première déception. Ils vont aussi occuper un pan de l’immeuble de l’Assemblée nationale, avant d’être délogés pour un pan du palais des congrès.

La deuxième personnalité de l’Etat et ses collaborateurs sont contraints de se débrouiller au quartier, comme ils peuvent. Alors que les troisièmes et quatrièmes personnalités du même Etat sont dotés chacun d’un hôtel particulier, sécurisé, digne  de leur rang dans le protocole d’Etat. La mise sur pied de la Chambre haute du parlement camerounais avait été pourtant envisagée plusieurs années avant la mise sur pied de l’institution. Depuis deux ans que l’institution est enfin mise sur pied, comment comprendre l’incapacité du Cameroun à accorder à ces honorables  les avantages auxquels ils ont droit ?  La question est très ouverte.

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Posté le 1 juillet 2015Maurice