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Voici les gouffres à sous de la république

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L’objectif avoué de la décision portant augmentation du prix des produits des hydrocarbures est de faire des économies budgétaires pour permettre à l’État de réaliser ses grands projets. Une mesure préjudiciable au petit peuple alors qu’il y a des poches de gaspillage et des dépenses luxueuses sur lesquelles on aurait fait meilleure économie et préservé le climat social de nouvelles tensions sans vider le panier de la ménagère.

Entre dépenses de carburants, les avantages du parlement, l’effectif et l’entretien du gouvernement, les coûts des travaux publics, le parc automobile de l’Etat et autres dépenses liées aux cérémonies officielles, le gap déficitaire aurait bien pu être comblé. Regardons de plus près.

Gouvernement pléthorique;
Parlement budgétivore;
Parc automobile ruineux; Bruno Césaire njoya
Travaux publics surfacturés;
Cérémonies dispendieuses;
Bons de carburant exorbitants.

Des dépenses de carburant astronomiques

La pratique des bons de carburant est une véritable gangrène qui est légion dans l’administration au point de coûter excessivement chère au trésor public.
Ces bons se distribuent à travers toute l’administration, à partir du rang de directeur d’administration centrale. Et Dieu seul sait combien de directeurs peuplent chaque ministère avec ses administrations déconcentrées.

L’échelle va du directeur avec un million de frais de carburant par an au Ministre Secrétaire Général de la présidence de la république qui cumule plusieurs centaines millions selon une radio locale en passant par les ministres et autres directeurs d’établissements et entreprises parapubliques, qui submergés de carburants, distribuent les carnets de bons aux visiteurs et amis. Si l’idée de base est de faciliter le déplacement des hauts fonctionnaires, ces dépenses ne sont plus de l’entendement du commun mortel quand bien même des réseaux de revente de ces bons sont ordinaires dans les stations-service.

Un parlement budgétivore
En période d’austérité, les élus de la nation viennent de s’offrir un nouveau règlement qui améliore leurs traitements matériels et financiers. Ils percevront désormais chaque fin de mois plus que 850 000 Fcfa; une indemnité de 1,2 million de Fcfa à chaque député en guise de prime de session et un crédit automobile non remboursable de 10 millions Fcfa. Pour les députés qui font partie du bureau exécutif de l’Assemblée nationale, le crédit automobile est
quatre à cinq fois plus important soit une somme comprise entre 40 et 50 millions de francs Cfa. Le président de l’Assemblée nationale a droit à 80 millions de Francs Cfa, son premier vice-président et le secrétaire général ont quant à eux 70 millions avec en bonus pour tous, des bons de carburants. Le Senat calqué sur ce modèle fonctionne au même régime et en mieux, chambre supérieure l’exige. Pour des sénateurs sans charge, 1,6 millions Fcfa de salaire mensuel et 12 millions Fcfa l’an de crédit automobile. Le budget de fonctionnement des chambres est largement au dessus de celui de cinq ministères réunis. En période d’économie, il y aurait une place pour une petite ceinture au profit du peuple qu’ils représentent.

Une mercuriale dispendieuse
Voilà un cimetière dans lequel s’engouffrent les fonds publics. Un stylo à bille de 100 Fcfa coûte le triple du prix en vigueur dans nos marchés soit 300 Fcfa à l’Etat et une machette de 1 500 Fcfa est revendu à 10 000 Fcfa. La mercuriale des prix en vigueur dans notre pays après maintes réévaluations, demeure une aberration. Comme dans les travaux publics, les marchés publics de fournitures sont des véritables lits de gabegies. La faute n’est pas aux entrepreneurs vus de près, mais aux circuits de corruption qu’il faut engraisser.

De la commission de passation de marché, à sa réception il faut mouiller et remouiller les barbes, respecter les « bonnes » manières et en fin de compte faire ce qu’on peut avec ce qu’on percevra. Quand il faut rajouter la propension des marchés accordés aux amis, les traiteurs aux épouses et copines, on pourrait expliquer que les travaux mal exécutés soient en fin de compte réceptionnés. Et bien plus que toutes les autres sources, la mercuriale à elle seule permettrait d’économiser des milliards.

Un parc automobile ruineux
Selon l’article 1er du décret 2001/927/PM du 18 Octobre 2001 fixant les modalités d’acquisition des véhicules administratifs et leur classification pour leur affectation, « Les matériels roulants ne peuvent faire l’objet d’une acquisition par les administrations de l’État que pour nécessité de service». De son côté, le décret n° 002/CAB/PM du 17 mars 2004 relative à l’assainissement du parc automobile de l’Etat visait à contenir la forte tendance observée dans l’acquisition effrénée de véhicules administratifs de grand gabarit, sans rapport avec les besoins réels des départements ministériels en matériel roulant. On est ahuri devant le florissant parc automobile de l’État.

En 2013 l’opinion publique a été choqué par un appel d’offre d’achat un véhicule de 90 millions au conseil économique et social, institution dont la raison d’être reste problématique. Faut-il emprunter une Prado de 80 millions pour partir de Bastos au ministère ? En 2004 on dénombrait déjà 10 000 véhicules administratifs au Cameroun. 10 ans plus tard, le nombre a quintuplé à environ 50 000. Il y’en aurait pour toute la famille au mépris des collaborateurs qui trottinent : des véhicules onéreux frappé CA ou flanqué du
vert-rouge-jaune qui accompagnent les familles à l’église ou à la mosquée ; un autre assiste la belle-mère dans ses déplacements tandis que madame fait le marché avec un autre.

Des travaux publics onéreux
Les BTP au Cameroun constituent la niche la plus sévère du gaspillage. Sur la base des marchés de construction des infrastructures éducatives, deux salles de classes sont facturées à l’Etat du Cameroun à 18 millions de nos francs. Un bénéfice net pour l’entrepreneur de plus de 10 millions quand on sait que le bâtiment ne coutera effectivement pas plus de 7 millions de Fcfa. Dans les travaux routiers, et selon Conseil national de la route (Conaroute), le prix moyen du kilomètre de route bitumée au Cameroun est estimé à environ 205 millions de francs Cfa.

Pourtant, ce même prix culmine à 100 millions si on fait la moyenne en Afrique, soit la moitié du prix pratiqué au Cameroun. En Algérie le même kilomètre coute 90 millions de nos francs. Les granulats représentent
25% du coût de construction d’une route alors que le Cameroun a des massifs volcaniques à tout bout de chemin.

Un gouvernement pléthorique
Le Cameroun est l’un des rares états du monde à avoir un effectif gouvernemental de 64 membres, ministres pleins, ministres délégués, ministres chargés de mission et secrétaires d’État compris. Une surpopulation gouvernementale qui crée une dépense énorme dans le budget de l’État. L’hôtel d’un ministre coûte 8 millions au bas mot et va jusqu’à 15 millions par mois pour d’autres. L’ensemble des dépenses mensuelles pour un ministre, sa garde, son hôtel, son cabinet… approche les 20 millions de Fcfa. Tous ces ministères impliquent des services déconcentrés, un personnel, un traitement, des primes de mission, des bons de carburants et autres dépenses superflues. Le traitement princier de ces membres du gouvernement devrait emmener à réfléchir sur la nécessité d’une cure d’austérité en cette période d’économies budgétaires.

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Posté le 27 juillet 2014Maurice